Crise entre l'Algérie et la France : Le président Tebboune prône une solution diplomatique
Dans un contexte de tensions croissantes entre l'Algérie et la France, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé l'importance du dialogue et de la diplomatie pour résoudre les différends bilatéraux. Tebboune a souligné la nécessité d'aborder les questions historiques et politiques avec sensibilité, dans le but de rétablir la confiance et de renforcer les relations entre les deux pays.
3/23/20252 min temps de lecture


Dans un contexte de crise diplomatique profonde entre Paris et Alger, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a opté pour l’apaisement samedi 22 mars. « Pour éviter de tomber dans le tumulte et le chaos politique là-bas [en France], je me limiterai à trois mots : notre seul point de référence est le président Macron », a déclaré M. Tebboune lors d’une interview diffusée par la télévision algérienne. Il a souligné qu’il y avait eu « un moment d’incompréhension », mais que les problèmes devaient être résolus avec le président français ou ses représentants, notamment les ministres des Affaires étrangères.
M. Tebboune a estimé que le différend actuel avait été « créé de toutes pièces », mais qu’il était désormais « entre de bonnes mains », citant le ministre des Affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, en qui il a « toute confiance ». Il a également dénoncé une cabale de « l’extrême droite française revancharde et haineuse », selon les termes de plusieurs communiqués de son ministère.
Le président algérien a rappelé que l’Algérie et la France étaient « deux États indépendants », une puissance européenne et une puissance africaine, et que les deux présidents travaillaient ensemble. « [Emmanuel Macron est] mon alter ego. Nous avons eu des moments de tension, mais c’est avec lui que je travaille », a-t-il ajouté. Concernant l’amitié entre la France et le Maroc, M. Tebboune a assuré que cela « ne nous dérange pas du tout ».
Cependant, Alger s’oppose fermement aux visites récentes de responsables français, comme la ministre de la Culture Rachida Dati et le président du Sénat Gérard Larcher, dans le Sahara occidental, un territoire au statut indéfini selon l’ONU. « Ces visites ostentatoires posent problème et enfreignent la légalité internationale », a-t-il déclaré, rappelant que la France est membre du Conseil de sécurité de l’ONU.
La crise s’est intensifiée après l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, jugé à Alger pour des propos tenus sur un média français d’extrême droite. Le ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, a menacé d’une « riposte graduée » si l’Algérie continuait de refuser d’accueillir ses ressortissants expulsés. M. Tebboune a répliqué en citant le cas d’un Algérien sous OQTF pour avoir « dénoncé le génocide à Gaza », affirmant que « la liberté d’expression doit être respectée ».
Enfin, M. Tebboune a appelé à « savoir raison garder », rappelant les « excellentes relations » entre les deux pays et les nombreux amis de l’Algérie en France. De son côté, Emmanuel Macron a exprimé son souhait de voir une « issue rapide » au cas Sansal, tout en affirmant sa confiance dans la « clairvoyance » de M. Tebboune pour résoudre cette affaire.